Chapitre 8.

Chapitre 8.
Un minimum, j'en suis sûr.



__Vivre chaque moment sans se préoccuper de ce qu'il se passera demain ... Je me suis dit ça jusqu'au jour où l'on m'a appris la mort de ma mère. Maintenant, je vis juste dans la peur. Dans la peur de ce qu'il m'arrivera encore demain. Et le jour d'après; et ainsi de suite. Je suis seul ici. Je me sens seul. Il n'y a personne pour moi, je le sais bien. Et pourtant, ça ne m'empêche pas d'avancer ... Qu'on me dise quelle est cette force qui me maintient en vie. Quelle est cette chose, qui semble avoir un minimum d'importance pour moi. Cette chose, ou cette personne; cette personne ... Non, je ne vois absolument pas.

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Tom - Mais Bill, arrête !

__Mon corps se relâche, mon coeur ralentit à l'entente des mots de Tom. Je retourne m'asseoir à coté de lui. Je ne pleure plus, et je crois être redevenu normal... Je crois. Je suis bizarre. C'est lui, qui avait raison hier, lorsqu'il m'avait dit « t'es bizarre ! » ...

Moi - Arrêter quoi ? De pleurer ? J'y peux quelque chose, tu penses ?!
Tom - Non ! PAS CA ! Arrêtes d'agir de cette façon, voilà ! Un coup tu chiales devant moi à en crever, et la minute d'après tu me balances ce regard noir et méchant ! Tu me saoules, comme mec ! Enfin, mec ?! On peut se poser des questions !

__Sa voix est remplie de haine, elle me terrifie et me fige sur place. Il se lève, je le suis du regard lorsqu'il s'éloigne, dos à moi, en tappant du pied dans un caillou qui vient rebondir dans une des roues avant de sa propre voiture. Qu'est-ce qu'il raconte ... je le saoule ? Je ... Le ... Saoule ? Mais alors, pourquoi il est resté là ?! Pourquoi il a été comme ça avec moi ?! J'me sens mal; une nouvelle fois. J'me sens mal parce que rien que le fait de me dire que "je le saoule" , ça m'embête. Je n'aurai jamais, jamais, dû monter avec lui. Ca serait resté le simple mec qui m'avait refusé son livre de maths. Le simple mec qui aurait sauver ma peau le jour de la rentrée. Le simple mec, qui a été le premier à m'adresser la parole dans ce nouveau lycée. Je n'aurai pas pleuré devant lui, il ne m'aurait pas dit toutes ces choses. Il est méchant. Lui aussi, il me fait mal ... Mes yeux tournent dans tous les sens, à la recherche de quelque chose à fixer pour ne pas pleurer. Finalement, je me relève à mon tour d'un coup de reins, et m'enfuie vite, dans la direction opposée à la sienne. Cinq secondes après, alors que je suis au bout de la rue, j'entends sa voix resonner. Non, je ne me retourne pas. Plus jamais, pour lui. Il me dégoûte. J'ai cru, pendant le temps où il restait avec moi quand je pleurais, j'ai cru, que peut-être, il pourrait être celui qui m'aiderait. J'ai tellement peur de me retrouver définitivement seul. Mais j'ai bien compris que ça ne sera pas lui ... Pourtant, je commencais à bien l'aimer. Mais j'y ai cru, un peu trop vite ... J'entends mon coeur tambouriner dans ma tête, à chaque pas que je pose au sol; c'est insupportable.

(...)

__Des rires éclatent de partout, tout le monde parle. Moi, je mange. Voilà à quoi ressemble la cantine du lycée. J'aime bien l'ambiance qui y règne, elle ne donne qu'envie de rire. Mais rire tout seul, ça craint un peu, donc je m'abstiens. Je me contente de m'amuser à l'aide de ma fourchette avec ma nourriture plutôt... Etrange, et qui ne m'apporte absolument pas plus d'appétit que lorsque je me suis assis ici même. Une porte claque. Je lève les yeux, intrigué par la personne qui rentre ving bonnes minutes après la sonnerie. Et je ne m'étonne même pas de voir Tom apparaître ... Mais au lieu d'aller se prendre une assiette pour se servir, il vient dangereusement vers moi. Trop près, bien trop près pour qu'il ne fasse que passer son chemin dans les environs d'où je suis assis. Evidemment, il s'installe à coté de moi... Je m'arrête de jouer avec le contenu de mon assiette et je me décide à en avaler, un peu. J'essaye de rester neutre face à sa présence mais je sens son regard brûlant observer tout ce que je fais. Je soupire, lève les yeux au ciel et me tourne finalement vers lui.

Moi, exaspéré - Qu'est-ce qu'il y a ?!
Tom, sans bouger - Oh, rien.

__Je retourne me concentrer sur mon assiette mais je n'ose même plus avaler une bouchée de ce truc immonde. Qu'est-ce qu'il me veut encore ? Pourquoi il me dit que je le saoule, alors que c'est lui qui me colle ?! Je ne lui demande rien, il peut partir. Loin, loin, vraiment très loin, de préférence. De toute façon, je ne m'attends plus à quelque chose de précis avec lui. Il dit que je change de comportement avec lui en deux minutes, mais il croit peut-être qu'il est mieux ?! Je ne suis pas quelqu'un avec qui on joue de ses réactions, ou comportements. Tout, sauf ça, pitié; je trouve que c'est dégueulasse.
__J'entends Tom inspirer, et je vois du coin de l'oeil qu'il s'enfonce dans sa chaise, pour finir par croiser ses bras. Sa jambe se met alors à tiquer nerveusement, j'en souris malencontreusement.

Tom - Enfin, si, peut-être quand même. Je ne suis pas venu pour te regarder manger cette... Nourriture, si ça en est réellement !

__Je regarde l'intérieur de mon assiette et grimace. Comment peuvent-ils oser nous servir cette chose ? Enfin, je ne suis pas là pour trouver la réponse à cette question. Ou plutôt, Tom n'est pas là pour ça.

Moi - Je m'en doute ...

__Je pose mon coude sur la table, et pose mon menton dans ma paume de main. Puis je viens tourner mon visage vers lui. Ses yeux sont baissés vers le sol, maintenant ses mains sont au fond de ses poches, et moi, je me sens ridicule à le dévisager comme ça. Il me voit et me fait un grand sourire. A quoi il joue, sérieusement ? Je me redresse convenablement, gêné. J'amène ma main à ma tête et pince un bout de ma joue. En fait, je fais ça lorsque je veux m'empêcher de sourire. Ca me fait tellement mal que je serre les dents pour ne pas gémir doucement de douleur. Je finis par relâcher la pression, en espérant que Tom ne remarquera pas le point rouge que je me suis produit moi-même.

Moi - Bon, parle ! Tu as un truc à me dire ?
Tom - Plus ou moins.
Moi - Sois plus explicite, ça me ferait très plaisir.

__Il se lève légèrement de sa chaise et la déplace de façon à être vraiment très proche de moi, pour finir par se remettre dessus.

Tom, chuchottant - Je voulais m'excuser pour hier. J'étais... Un peu sur les nerfs, tu vois.

__J'esquisse un mince sourire, et je cherche à le titiller.

Moi - Qu'est-ce que tu as dit ? Parle plus fort !

__Miné, il regarde autour de nous et toussote.

Tom, haussant le ton - Excuse-moi, j'ai dit !

__Je ris doucement et lui souris. Finalement, peut-être qu'il est réellement gentil. Je ne sais pas... Et voilà que ça recommence : JE NE SAIS RIEN, bon sang. Il devine que j'avais tout à fait compris la première fois qu'il avait demandé pardon, il me donne un coup dans le bras.

Tom - Abruti ! T'es chiant, toi.
Moi - Pas plus que toi...
Tom - Non, moi, tout le monde m'aime.
Moi - Je t'arrête ! Pas moi. Regarde, c'est pas moi qui te colle... Mais plutôt l'inverse.

__Il sourit gentiment, et moi, j'observe sa jambe qu'il continue de secouer.

Tom - Tu insinues quoi ?
Moi - Que tu m'adores !

__Il souffle en explosant de rire. Je me mets à rire à mon tour; ce moment est agréable. J'ai l'impression d'être avec Dereck sur le toit du lycée ...

Tom - Oui, dans tes rêves, peut-être !

__Tout en continuant de sourire et de me regarder, il me tappote l'épaule amicalement, vous savez, comme pour dire « mais bien sûr, mais bien sûr, va te faire soigner » . Il se retourne, et je l'observe passer la porte pour s'enfoncer dans les couloirs du lycée. Je souris bêtement. Il a beau m'affirmer le contraire, je sais très bien que j'ai un minimum d'importance pour lui. Sinon, il ne serait jamais venu s'excuser. Et j'en suis bien content.

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chapitre 8 > Fin.

Je passe en 1ère L les gens (:

# Posté le jeudi 05 juin 2008 09:23

Modifié le lundi 16 juin 2008 13:00

Chapitre 9.

Chapitre 9.
Je te dirai : Monte et parle.



__Fondre de mots ou de sentiments, se sentir noyer et étouffer. Pour simplement se sentir revivre lorsque tu refais surface. Où est le bonheur, et qu'est-ce que c'est en fait ? Un jour, Dereck m'a dit qu'on a plus de chance de le trouver, lorsque l'on est malheureux. Et aujourd'hui plus que n'importe quand, je crois que c'est vrai. J'attends le mien, qui se tisse lentement, très lentement. Il arrivera. Maman me le fabrique là-haut. Mais bon sang, elle prend son temps.

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__Pluie martelant le sol, parapluie me protégeant, mes basquettes devenant pleine de boue; je rentre. Je rentre content, même. Content de ma journée ou de mon midi, quelque chose comme ça. J'ai l'impression complètement idiote que, même si on ne passe pas notre temps ensemble, un lien se tisse entre nous. Entre Tom, et moi. L'amitié, c'est vraiment quelque chose d'étrange ...

? - BILL !

__Interpellé par une voix féminine, je lève la tête et vois Simone qui est venue sur le palier de la maison. J'accélère le pas et en arrivant à son niveau, j'aperçois que "l'homme bizarre" est avec elle. Et mince. Enfin abrité, je ferme mon parapluie et passe furtivement ma main dans les cheveux pour les remettre correctement.

Simone - Tu as froid ?!
Bill - Un peu mais ...
Simone - Bon, allez rentre, je vais te préparer un chocolat chaud !
Bill - Non, ça ira, je ...

__Sans m'avoir laisser finir une seule de mes phrases, elle s'enfonce dans la maison. Je me retrouve alors avec "l'homme bizarre" sur qui je ne peux poser aucun prénom. C'est embêtant ...

Moi - Euh, pardon mais... Vous vous appellez comment ? Ca fait quelques jours que je suis ici, et je n'ai pas eu l'occasion de vous parler ...

__Son regard terrifiant s'enfonce dans le mien. Il me glace le corps et des frissons parcourent tout mon dos. Ses yeux sont d'un noir intense, mes cheveux se dresseraient sur ma tête, si ce n'était pas déjà fait ... Cet homme ne cherche sûrement pas à faire bonne figure toute gentille avec moi ...

Lui - Ecoutes, Bill ... C'est Bill ?
Moi - Euh, oui ...

__J'hallucine ! Il ne connaissait même pas mon prénom. Autant me dire directement que je ne suis pas le bienvenu ici ...

Lui - Je m'appelle Nathan. Et aujourd'hui, tu as enfin décidé de me parler... Mauvaise pioche. Bill, mon cher petit Bill, tu me déranges, je n'ai jamais voulu de toi ici, moi. Alors évites de t'approcher trop de moi... Tu saisis ?

__Mes mains tremblent, je ne me sens plus exister. Je sens juste cette peur au creux de mon ventre, se retourner dans un sens, puis dans l'autre. C'est un malade. Mais putain, ce malade me fait peur. J'peux pas rester ici. J'peux pas vivre avec un homme qui donne l'impression de vouloir me tuer ...

Moi - J'ai... J'ai saisi ...

__Mon corps se retourne tout seul, sans faire duo avec mon esprit qui est ailleurs, et de la même façon, je me mets à fuir loin. La pluie atterit violemment sur mon visage mais je m'en fiche. Fuir l'inconnu, et fuir ce qui nous fait peur. J'pouvais pas rester là devant lui. Pas après ce qu'il m'a dit. Mes fringues deviennent progressivement trempées, je ralentis le pas, je suis loin de la maison maintenant. J'ai froid. Des voitures passent à ma droite, toutes m'éclaboussant le pantalon d'une eau boueuse et grise. J'en ai marre. Je veux aller à Hambourg !

? - Je t'y emmène !

__Surpris, je tourne la tête et vois Tom, dans sa voiture une nouvelle fois. " Je t'y emmène " ... ?

Moi - Tu... M'emmènes où ?
Tom - A Hambourg. Tu as dit que tu voulais y aller !
Moi - Non ! Je l'ai pensé !
Tom - Tu l'as dit Bill. Je ne lis pas dans les pensées des gens. Mais alors toi par contre, tu ne te rends plus compte de ce que tu dis. Enfin bref, monte !

__J'hésite, et reste droit devant sa voiture. Tom me regarde fixement avec ses deux yeux marrons noisettes. J'esquisse un mince sourire.

Moi - Une fois, ma mère m'a dit que je ne devais pas monter en voiture avec des inconnus !

__Tom rigole légèrement et sa langue passe sur ses lèvres avant de finir par jouer avec son piercing.

Tom - On s'en fiche, de ce que ta mère t'a dit !

__Je fais un pas en arrière et deviens furieux, en quelques secondes. Il ne peut pas dire ça comme ça. J'le hais, juste pour s'être permis de me balancer ça à la gueule.

Moi - Parle pour toi. T'as aucun respect pour les morts ou quoi ?! T'es qu'un abruti fini.

__Je me retourne et continue mon chemin en entendant le bruit de moteur de la voiture de Tom ronronner. Elle finit à mon niveau et y reste en allant à la même vitesse que moi.

Tom - Bill, excuse. Je ne savais pas que...
Moi - Et bah tu sais maintenant ! Laisse-moi tranquille.

__Il ne s'arrête pas, il n'accélère pas... Il reste là, sur la même ligne que moi. Ca m'énerve qu'il ne dise rien, mais en même temps, peu importe qu'un silence pareil plane. Parce que je sais, qu'il est là.

Tom - Bill, qu'est-ce qui ne va pas ?
Moi - Si je te réponds "tout" , tu me dis quoi ?
Moi - Je te dis alors : Monte, et parle-moi.

__Je tourne ma tête vers lui, et clique des yeux, touché. L'amitié, on dit aussi que c'est la confession de l'un vers l'autre. Je crois, j'sais plus ...

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chapitre 9 > Fin.

# Posté le mardi 24 juin 2008 11:40

Modifié le mercredi 25 juin 2008 05:44

Chapitre 10.

Chapitre 10.
Going out.



__Qu'est-ce qui est dûr dans la vie ? Certains vous diront les interros de maths tous les vendredi matins en première heure. D'autres répondront que le plus dûr, c'est de sourire. Pour vous, quelle est la réponse la plus débile ? Aucune, non ? Après tout, on vit tous dans des contextes différents, et ce qui est facile chez l'un peut sembler compliqué chez l'autre ... Et inversement. Mais c'est un peu étrange tout ça, parce qu'à la base, nous étions tous les mêmes. Nos esprits prennent juste des chemins éloignés. Des personnes auront une belle vie, d'autres devront lutter pour continuer d'en avoir une. Moi, j'ai eu le droit aux deux. Quelle chance, hein ... ?

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__Ses mots vibrent encore dans ma chair. " Monte, et parle " . Se préoccupe-t-il vraiment de ce que je peux ressentir ?

Tom - Bill, il pleut. Monte, je t'ai dit.

__Mes bras pendent lamentablement dans le vide, mes yeux se baladent, quant à eux, tristement sur le visage de Tom. La pluie brouille ma vue, je ne le vois pas très clairement. J'avance, discrètement, et fais le tour de la voiture, pour finir par m'engouffrer dans son intérieur qui n'a pas changé de la dernière fois. Dernière fois, qui était la première. Tom me dévisage, sans aucune expression.

Tom - Et si... Tu me racontais ton histoire ? J'pourrai peut-être éviter de dire des bêtises en ta présence.

__Je baisse les yeux et contemplent mes chaussures blanches à la base, devenues légèrement grisâtres. Je ne sais pas vraiment quoi lui dire, ou même quoi faire. La voiture roule, je ne sais même pas où je vais, où on va. Pitié, qu'il m'emmène loin !

Bill - Je n'ai pas grand chose à dire, tu sais ...
Tom - Ah non ? Tu es sûr ?
Bill - Ca dépend ...
Tom - De quoi ?
Bill - Je n'ai pas envie de te raconter ma vie, si tu veux juste la connaître par curiosité.

__Un silence s'instaure, et sans le regarder, je devine une lourdeur s'intaller dans son visage ... En relevant les yeux, je remarque alors qu'il est simplement resté concentré sur la route, que j'observe furtivement, avant de voir le panneau : Hambourg___283 km. Je souris intérieurement tout en le remerciant de la même façon. Ce garçon est vraiment ... Imprévisible, j'ai envie de dire. Je pensais qu'il plaisantait, tout à l'heure. La voiture se gare brusquement sur le coté de la route, un coup sec me fait pencher vers l'avant, puis le moteur arrête de marcher. Tom vient poser sa main sur le haut de mon siège et tourne tout son buste vers moi, pénétrant son regard dans le mien.

Tom - Franchement, tu penses que je suis comme ça ? Curieux, moi ? Non, pas là ...

__Je reste silencieux et observe chaque partie de son visage. Je découvre alors une expression que je n'avais pas encore vu de sa part, entre le sérieux et la profonde gentillesse. Il dit tous les mots que je veux entendre, a des yeux qui charment, une voix grave et tendre comme il faut. J'ai l'impression de retrouver un premier amour. Même si je n'ai jamais été attiré par un garçon, lui, Tom, me trouble sérieusement. Et ce n'est pas normal ! Oublions ça, ce doit être un simple problème d'hormones. Ou autre chose.

Tom - Bon, alors ?
Moi - J'sais ... J'sais pas Tom.
Tom - Ecoute, soit tu veux me raconter, soit tu ne veux pas. Dis-moi, une bonne fois pour toute. Je n'aime pas m'attacher à des gens qui ne peuvent pas me voir... Aimer dans le vide, on dit, je crois.
Moi - Attends là ... T'attacher à des gens... Qu'est-ce que tu entends par là ? Tu veux dire ...

__Je n'ose pas finir ma phrase. Tom, remet sa voiture en marche, j'entends quelques graviers venir tapper contre ma porte. Il donne un coup d'accélérateur et nous revoilà partis. " Tu veux dire que tu t'es attaché à moi ? " . Je dois mal comprendre.

Tom - T'es bizarre comme garçon, pas très bavard, avec un look carrément décalé, mais je ne sais pas. Il y a quelque chose qui me fait toujours revenir vers toi, avec l'envie de t'aider. Comme je t'ai dit l'autre fois, la tristesse se lit sur ton visage. Et j'voudrais bien comprendre pourquoi. Parce que franchement, c'est dommage mais, ça l'enlaidit ! J'aimerais bien que tu me fasses un vrai sourire, juste pour voir à quoi il ressemble.

__J'hésite puis inspire finalement.

Moi - Il y a quelques jours, alors que j'étais en train de sécher avec un ami, dans mon ancien lycée à Hambourg, le directeur est venu me chercher. Je pensais qu'il allait appeler ma mère, me donner quelques heures de colle, mais non... Son visage est devenu si sérieux. Alors j'ai compris qu'il s'était passé quelque chose, sans savoir quoi. Il me faisait peur à rester silencieux, tu sais ... Il m'a alors annoncé, très maladroitement, le décès de ma mère dans un accident de voiture. Ma mère; celle avec qui je partageais beaucoup de choses, peut-être trop, même ... Te rends-tu seulement compte du poid qui s'est mis à peser sur mon coeur ? Non, je ne pense pas... J'avais envie de crier vers le ciel et de la supplier de revenir. Je la voyais encore ce matin là, me dire au revoir. Et voilà, je me suis retrouvé ici, dans une famille de fous, dont la femme prétend avoir été une amie de ma mère, et dont le mari est complètement baré, et a envie de me tuer. J'ai vraiment du mal à m'adapter. En arrivant ici, j'ai cru que je ne pourrai pas tenir jusqu'au bout. J'y ai cru si fort, que je me suis mis à en être vraiment très persuader. Plus le temps passe, plus il emporte ma joie. Mais t'es arrivé, avec tes grands pantalons. Et toi, tu m'as fait rire. Rien qu'avec ça, je me suis rendu compte que tu es quelqu'un de profondément gentil. Tu sais Tom, d'une manière ou d'un autre, je crois que tu représentes quelque chose d'important pour moi.

__Récemment, je vous ai dit : " Mais à partir du moment où je vous confie ce que j'ai sur le coeur, alors là, vous êtes sûr que vous l'avez , ma confiance " . Et bien, voilà, on y est .

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chapitre 10 > Fin.

# Posté le lundi 30 juin 2008 05:34

Modifié le mardi 01 juillet 2008 11:55

Chapitre 11.

Chapitre 11.
The sky sent me an Angel.



__On m'a dit que tant que des rêves existaient, la vie ne pourrait jamais devenir complètement horrible. Parce que justement, les rêves nous aident à nous construire notre monde. Dans lequel on fuit la réalité ... C'est quelque chose d'étrange ça. Mais finalement alors, les rêves ça peut rendre dingue. Certains doivent se focaliser sur eux... Et quand tu retournes dans le monde de la réalité, ça fait très mal. Non ?

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__J'enfonce mes ongles dans le creux de ma main. J'ai peur de sa réponse. De sa réponse, sur mon histoire, de sa réponse, sur le fait qu'il soit important pour moi. La peur paralyse mon regard qui ne peut plus se décrocher du paysage vaste et étendu qui s'étale au coté de la voiture. Du coin de l'oeil, je vois que Tom ne bouge plus vraiment. Il continue de se concentrer sur la route. J'intercepte chaque geste qu'il fait, pensant qu'enfin, il s'apprêtera à me parler. Mais ce ne sont que des fausses alertes.

Tom - Je suis désolé.

__Inattendu. Je sursaute légèrement. Quand sa voix grave, et si douce à la fois, arrive à mes oreilles, mon coeur se met à faire des bons dans tous les sens. Je me prends des bouffées de chaleur, et l'impression que je vais vomir.

Moi - Tu n'as pas à t'excuser ...
Tom - Si... Je n'ai pas arrêté de t'embêter, enfin, comme si tout allait bien. J'voulais pas être mechant et en fait je me rends compte que j'ai fait que rajouter des merdes à...

__Je décide de le couper immédiatement.

Moi - Attends là, tu as écouté ce que je t'ai dit ?
Tom - Bah, oui.
Moi - Tom, je t'ai dit que tu m'avais aidé.
Tom - Oui mais ... Je t'ai fait rire une fois, ce n'est pas le bout du monde.
Moi - Peut-être mais c'est déjà ça. Merde alors, ne fais pas chier, je te fais des compliments et tu te rabaisses tout seul !

__Il rigole légèrement. Mais en l'espace de quelques seconde, il redevient sérieux. Je ne me sens vraiment pas bien. J'ai un peu de mal à cerner ce que je dis, ou même ce que lui pense de tout ça. Finalement, sa réponse était si... Simple. Mais je suis content de lui avoir tout dit. Je trouve que c'est bien, de savoir qu'à n'importe quel moment maintenant, je pourrais me confier à quelqu'un ...

Tom - Tu veux que je t'emmène à Hambourg ?
Moi - Oui.
Tom - Tu es sûr ?
Moi - Oui !

__Il faut que je dise aurevoir à ma mère. Je ne peux pas me sentir mieux, tant que je ne lui aurais pas vraiment fait mes adieux. Il faut que je la vois, juste une dernière fois. En plus, j'ai les clés de notre appartement. Je vais tout quitter, réellement. Et avec Tom à mes cotés, tout ira bien. Du moins, je le pense ...

Tom - D'accord. Il est 16:30. On y sera vers 20:00.

__Je ne tiens pas spécialement à lui répondre. Il allume alors la radio, une voix féminine parvient à mes oreilles. Je ne sais pas trop ce qu'elle raconte. Je n'écoute pas, et je n'en ai pas envie. Mon regard se perd dans le vide, et je ne fais plus vraiment attention à ce qu'il se passe en dehors de ça. Je pense à maman, à Dereck, à Tom ... Je m'éloigne moi-même du monde, pour fuir dans mes pensées. Je me dis que peut-être que c'est maman qui m'a envoyé Tom. Après tout, il est un peu protecteur avec moi. Dans ce cas, Tom serait un ange. Je me mets à rire tout seul, rien qu'en ayant ce songe. N'importe quoi, Tom, un ange ... ! Mon imagination va loin ... Je clique des yeux, et retourne dans ce monde, où il conduit à coté de moi. Je tourne les yeux vers lui, du coin de l'oeil il le remarque et esquisse un drôle de sourire. Je passe ma langue sur mes lèvres, avale ma salive et hésite avant de parler.

Moi - Dis... Tu resteras avec moi, hein ?
Tom - Où ça ?
Moi - Au cimetière ...

__Son regard durcit, ses doigts se ressèrent sur le volant. Il tourne son visage vers moi, et me lance un regard adouci soudainement.

Tom - Evidemment, la question ne se pose même pas.

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chapitre 11 > Fin.

Je suis désolée, ce chapitre est vraiment court !
Mais j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire. J'ai eu du mal,
et pourtant, je ne le trouve pas du tout exceptionnel :(

# Posté le vendredi 11 juillet 2008 05:05

Modifié le mercredi 16 juillet 2008 10:06

Chapitre 12.

Chapitre 12.
Attrape ma main ...



__J'ai plus d'une fois fuit la réalité. Je finissais quand même par y retourner, pour que je puisse moi-même comprendre mon problème. Puis on voit que notre âme est profondemment blessé, notre coeur gravement brisé. C'est pas facile tous les jours, mais on s'en remet, à priori. Le temps guérit toutes les blessures ? Oui, mais ne les efface pas. Ce qui n'est pas bon, parce que ça finit toujours par te revenir à la figure ... Je crois. Enfin, à 17 ans, on ne sait rien. C'est ce que disent bêtement les adultes. D'ailleurs, ceux là sont étranges. Ils croient sans cesse que tout va bien. Comme s'ils n'avaient jamais été jeunes.

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__Je m'assoupis lentement, pour finir par m'endormir profondément. Le bourdonement incessant de la voiture me berce tellement ...
__Lorsque je ré-ouvre les yeux, Tom est toujours fidèle à lui-même, concentré sur la route. J'observe l'endroit où nous sommes; une grande ville. Si familière que je devine tout de suite où on est.

Moi - J'ai dormi si longtemps !

__Tom esquisse un mince sourire et hoche la tête. Je jette un coup d'oeil au compteur pour voir l'heure. 19:43 monte à mon cerveau. Je frissonne rien qu'à l'idée d'être dans Hambourg. Je suis content, j'ai peur, un peu tout à la fois. C'est comme si je revenais sur le terrain de bataille après la guerre. Je secoue la tête, surpris des propres conneries que je peux penser. Ca n'a absolument aucun rapport ! En attendant, Tom ne me parle pas, et ça m'inquiète, plus ou moins. Déjà, il faudrait peut-être qu'il sache où on est censés aller ...

Tom - Bon. Tu veux passer où, en premier ?

__Je tourne brusquement le visage vers lui, étonné. Je pense, il parle. On est bizarres.

Moi - Au cimetière...

__Mince. Je suis un sombre idiot. J'ai demandé à venir ici, pour dire au revoir à maman, mais je ne sais même pas où elle est, réellement. Avec un peu de chance, ce serait le petit là, celui à coté de l'appartement. Je donne l'adresse de l'appartement à Tom, il nous y emmène immédiatement. On marchera.


( ... )


__Enfin sortis de la voiture, Tom marche silencieusement à mes cotés. Je ne veux, peux, pas parler. Chaque pas que je fais en avant correspond à un battement de mon coeur. Le froid s'empare facilement de tout mon corps, comme la peur, et comme l'inquiétude de découvrir cette tombe. Tom comprend sûrement tout ça. Son visage est sérieux, ça me change tellement de d'habitude.

Moi - Tu sais Tom, ça va, hein. Ne t'en fais pas pour moi.

__Je tente de rire légèrement, de façon fine, pour le rassurer, mais ça sonne plus faux qu'autre chose. Alors qu'on arrive devant les portes de l'endroit tant cherché, je sens les doigts de Tom se glisser dans ma paume de main, pour la serrer de toutes ses forces. Je fais de même, lui faisant comprendre ma peur. Il avance le premier, me tire avec lui. S'il est là, ça ira. Hein ?
__On avance, avec précaution ici. Je regarde les prénoms sur chaque tombe, et je tente d'en imaginer une avec le nom de ma mère. Pourtant, aucune de ce genre ne parvient à mes yeux. Je cherche, regarde, et Tom reste contre moi. Puis, soudain, elle est là. Je tombe lamentablement à terre, sur les genoux et pose doucement le bout des doigts dessus. La pierre est froide. Je scrutte les lettres inscrites dedans, qui forment les noms de ma mère. Aucune larme ne coule. Pourtant, j'en ai envie. Je les sens monter à mes yeux, vraiment, mais rien n'en sort. Elle est là, maman. Elle est là, en dessous, si proche ... Et me voilà finalement, explosant en sanglots, m'accrochant de toutes mes forces à cette pierre, le frond appuyé dessus. Ces larmes si chaudes qui coulent ne font que refroidir mon coeur qui se fend à chacun de mes pleurs. C'est dûr, en fait. Plus dûr que ce que j'aurais pensé. Et Tom a beau être là, j'oublie sa présence. Peu importe. J'ai mal et lui, il ne peut rien y faire. Je reste là à pleurer bêtement. Il est derrière moi, debout, je crois.
__Au bout d'une triste quinzaine de minutes, je me relève, avec des yeux sûrement extrèmement rouges, et bouffis. Je me retourne et vois Tom qui me tend la main. Lentement, j'y pose mes longs doigts. Il ressèrrent les siens dessus, me tire contre lui et nous fait avancer, sans décrocher un mot . Il est là. Avant de sortir définitivement du cimetière, je jette un dernier coup d'oeil vers la tombe. Je me demande si maintenant, tout ira mieux. Au revoir, maman tant aimée, tant chérie, tant adorée ...
__Tom me regarde avec tendresse, et je vois dans ses yeux qu'il voudrait parler. Je veux, moi aussi. Ce silence me tue, comme si il était impregné de pitié. Et de la pitié, je n'en veux pas, ni de Tom, ni de personne, à vrai dire. Peut-être qu'il le devine, puisqu'il lâche faibrilement ma main avant d'entrouvrir ses lèvres.

Tom - Bill, si un jour, tu veux revenir ici, n'oublie pas que je suis là. De toute façon, je préfère largement rester ici avec toi qu'être à Loitsche.

__Il me sourit gentiment. Ce qu'il me dit ... Non. Il ne faut pas qu'il me dise des choses pareilles, parce que sinon, moi, je vais toujours avoir besoin qu'il soit à mes cotés. Et je ne veux absolument pas dépendre de Tom. Même si je continue d'être si faible. Mais c'est peut-être trop tard ... Je le pense bien, malheureusement. Parce que s'il n'était pas là, je ne sais même pas si je serai ici aujourd'hui, ici, dans le sens à Hambourg. Je ne sais pas si j'aurai dit au revoir comme il se devait à maman, je ne sais pas si j'aurai pu quitter ce cimetière. Mais, il est là. Alors, ça va.

Moi - Merci, sincèrement !

__Je ne peux techniquement pas lui dire l'importance qu'il a, pour moi. Tout ce que je viens de penser, quoi. Je me contente d'un "merci" , et c'est ridicule. Je le suis ! Je n'ai jamais su dire ce que je pensais réellement. Toujours cette peur au ventre, de devenir si proche avec quelqu'un, que le moindre problème avec cette personne vous anéantit ... Et merde, je me retrouve dans ce cas avec lui, ce foutu dreadeux aux grands pantalons et T-shirt.
__Tom, hey, Tom. Ne m'abandonne pas, s'il te plaît. Reste toujours là, pour pouvoir attraper ma main quand ça n'ira pas. Je crois que j'ai vraiment besoin de ça.

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chapitre 12 > Fin.

# Posté le lundi 21 juillet 2008 08:43

Modifié le mercredi 23 juillet 2008 09:59