Chapitre 4.

Chapitre 4.
Le nouveau, c'est moi.




__La confiance, ça ne s'accorde pas à n'importe qui je pense. En fait, je ne sais pas exactement comment elle arrive à s'établir entre deux individus. Certaines personnes peuvent faire confiance à des gens qu'ils ne connaissent que depuis quelques semaines, alors que d'autres ont besoin de mois, voire d'années, pour l'accorder. Ce genre de chose est propre à chaque personne. Pour moi, ce n'est pas une question de temps. Je crois qu'il suffit qu'on arrive à me convaincre que je peux avoir confiance en un tel ou tel individu. De quelle façon ? Aucune idée, ce genre de chose ne se commande pas. Mais à partir du moment où je vous confie ce que j'ai sur le coeur, alors là, vous êtes sûr que vous l'avez , ma confiance.

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__« tu tu tuuuuuuuuuuuuuuuu » . Je grogne et j'ouvre les yeux. J'attrape mon portable qui sonne dans ma poche et coupe le réveil. 7:00 ... C'est vrai que c'est l'heure où je me levais, à Hambourg, et j'ai oublié de la changer. Quoi que, je dois sûrement me lever maintenant...

Moi, faisant un bond jusqu'au sol - Allez, debout !

__Je remarque soudain que je me suis endormi la veille, tout habillé; tant pis. Une odeur de pain grillé vient chatouiller mes narines, je me rends compte que j'ai vraiment très faim. Je jette un coup d'oeil au seul cadre posé sur ma table de chevet, passe nerveusement ma main dans mes cheveux et vais ouvrir timidement ma porte. Il y a du bruit, en bas. Des voix, aussi...Arf . Je n'ai pas envi de la voir Simone. Elle est gentille, mais un peu collante. Enfin bon. Je prends le soin de refermer la porte derrière moi, et dévale les escaliers le plus silencieusement possible. Arrivé dans la cuisine après avoir instinctivement suivi l'odeur de pain, je fais un mince sourire à Simone qui a relevé le regard sur moi, et salue l'homme assis à la table, en train de boire son café. C'est qui lui, encore ?

Simone, me tendant une tasse - Tu as bien dormi ? Assis-toi !
Moi - Ou...Oui, merci.

__J'attrape l'extrémité d'une chaise et la tire doucement vers moi. Je m'asseois en face de l'homme que je n'ai pas vu hier soir . Ca doit être le mari de Simone, un truc du genre. Il me dévisage mechamment, en tout cas. J'enfonce mon regard au fond de ma tasse; si seulement il pouvait aller encore plus profond... Je me sens mal ! J'entends les pas de Simone s'approcher de moi.

Elle, rigolant - Ah, bah pousse ta tête sinon je ne peux pas te verser de lait chaud ! Tu aimes ça au moins ? Parce que j'ai fait ça sans trop savoir...
Moi, me redressant - Oui oui, c'est très bien, merci !

__Elle me sert du lait en faisant attention. J'amène la tasse à ma bouche et boit très rapidement. Ca fait du bien... Bref. Je me lève, apporte la tasse dans l'évier et vais voir Simone qui s'est assise à ma place.

Moi - Euh, j'aimerai me doucher...Je pourrais savoir où est la salle de bain, s'il...Vous plaît ?
Simone - Bien sûr, c'est juste à coté de ta chambre, tu vas trouver tout de suite !

__Elle me sourit et me laisse m'en aller. Je ne sais toujours pas qui est ce monsieur étrange hein, mais bon. Je monte dans ma chambre, prends des fringues et pars à la recherche de la salle de bain. J'entrouvre la porte à gauche de celle de ma chambre et distingue une douche. Ah, c'est là. Je rentre et ferme à clé derrière moi. Sans attendre, je mets en marche l'eau et me glisse dessous. Je me permets d'utiliser les produits qui sont ici. Après tout, c'est " chez moi " .
__Après une dizaine de minutes, je sors de la salle de bain en me sechant les cheveux à l'aide d'une serviette. Je retourne dans ma chambre et me maquille, comme à mon habitude. Après avoir fini, j'observe sur l'écran de mon portable l'heure qu'il est; 7:45. Au même moment, j'entends quelqu'un qui me demande de descendre. Je m'éxécute après avoir attraper mon sac de cours, avec mes quelques affaires. Simone est en bas, elle tient des clés dans sa main, probablement de la voiture.

Simone - Tu es prêt ?
Moi - Oui.
Simone - On y va alors !

__Je la rejoinds et la suis dehors, où elle m'emmène jusque dans sa voiture. Woh...C'est la classe. Elle démarre, et le trajet se fait en silence. Je me concentre sur le chemin pour ne pas oublier comment aller au lycée, après. Environ 10 minutes après notre départ, et juste avant d'arriver, Simone se met à me parler, remarquant que mon visage vire de plus en plus au blanc neige.

Elle - Tu vas vite de faire des amis, ne t'inquiètes pas. C'est simple, ce lycée est tellement petit que tout le monde connait tout le monde !

__Oh non...Je déteste ça ! En plus, avec ma façon de m'habiller, je vais me faire tout de suite remarquer. Et ici, je suppose que les gens vont bien rire de moi. Mais merde ! Sauvez-moi ! La voiture prend un virage, et là, le lycée apparaît devant moi. Des petits groupes de lycéens rient en rentrant dans le bâtiment. Finalement, c'est la même chose qu'à Hambourg...Juste plus petit... Je commence à sortir lorsque Simone m'arrête net.

Simone - Tu sauras rentrer ?
Moi - Oui, ça ira !

__Je sors complètement et claque la porte. La voiture redémarre rapidement, un courant d'air passe dans mes cheveux. J'inspire un coup et marche en direction du lycée. Quelques personnes se retournent sur mon passage, certains rient. Mais moi je baisse le regard en mettant mes mains dans mes poches. Qu'est-ce que je fais là...Je veux retrouver ma vie d'avant. Maman, Dereck, mon ancien lycée... Et tous les abrutis qui allaient avec ! Mais je suis là, maintenant.
__Je passe dans les couloirs à la recherche de quelqu'un qui pourrait me renseigner sur quelle classe je suis censé occuper. Enfin, des gens, il y en a tous les trois centimètres. Tout en marchant, je pivote ma tête pour observer un professeur en train de parler avec un élève. Du moins, ça semble être un profe...Ouch ! Je viens d'atterir dans le dos de quelqu'un, je remets ma tête dans le bon sens et regarde la personne que je viens de bousculer.

Moi - Pardon...

__Le garçon, très étrange dans son genre, se retourne et me jette un regard noir. Flippant... On dirait le gros dur du lycée, vous savez, celui qui terrorise tout le monde !

Lui - T'es qui toi ?! Casse-toi de là sinon je...
? - C'est bon Jason, arrête ! Il s'est excusé !

__Un de ces copains, celui qui vient de me sauver la vie, surgit de derrière et le tire vers lui. Eux et leur petite bande s'éloignent sans me ré-adresser un mot. J'ai vu ma vie défiler. Heureusement que l'autre était là, sinon je ne sais pas ce que " Jason " m'aurait fait. L'autre...Avec ses dreads bizarres et ses pantalons trop grands, il semble différent, avec son style, lui aussi. Enfin, il est quand même avec la bande des dégénérés...

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chapitre 4 > Fin.

# Posté le mercredi 30 avril 2008 09:58

Modifié le dimanche 18 mai 2008 07:51

Chapitre 5.

Chapitre 5.
There is no love, here.



__Il y a bien, en ce monde, une chose en laquelle je ne crois absolument pas. Je pense que l'amour est un mensonge apporté mutuellement par deux êtres humain en proie à découvrir toutes sortes de sentiments. Ca va quelques jours, quelques mois, des fois quelques années, mais au bout d'un moment, tout s'estompe. A votre avis, pourquoi deux individus ne restent pas ensemble jusqu'à la fin du monde ? N'attendez pas de réponse de ma part. Parce que je ne sais absolument pas comment fonctionne l'esprit des gens. J'ai juste compris que le coeur et l'esprit ne marchent pas du tout ensemble. Alors, vous préférez être ami avec qui ? Le coeur, ou l'esprit ?

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__La journée a été un énorme calvaire pour moi. Je n'ai rencontré personne qui semble vouloir m'adresser la parole, et ma classe ne me plaît pas du tout. Ou plutôt, les élèves de ma classe ne me plaisent pas du tout. Les cours sont finis, je marche dans les couloirs déserts, lorsque je vois le garçon au pantalon XXL devant son casier. J'hésite, puis je vais le voir. A mon arrivée, il me dévisage froidement avant de replonger la tête dans son casier.

Moi - Euh, merci, pour ce matin.

__En m'ignorant, il continue de fouiller son casier. Bon sang...J'existe ! Finalement, peut-être qu'il est aussi pourri que sa bande. J'aimerais bien comprendre, à force. Soudain, il claque bruyamment la porte du casier et se tourne vers moi en mettant son épaule en appui contre le casier.

Lui - Pas besoin de me remercier.

__Je me sens trop con, là. Qu'on me dise ce qu'il m'a pris de venir lui parler ! La prochaine fois, je réfléchirai... Brusquement, il se redresse convenablement et commence à marcher. Bêtement, moi, je le suis, et me place à sa droite. On sort de l'enceinte du lycée en silence, il ôte immédiatement une clope d'un paquet tiré de sa poche. Je le regarde du coin de l'oeil l'allumer, puis la porter à sa bouche. Il me remarque, je remets mon regard droit, gêné.

Lui - T'es nouveau toi, hein. Pourquoi tu changes de lycée une semaine après la rentrée ?
Moi - C'est un peu...Compliqué.
Lui - Ah oui, les parents, c'est ça ?
Moi - Ouais, on peut dire ça comme ça ...

Un sourire s'affiche maladroitement sur son visage. Il est sarcastique...

Lui - Bon, et sinon, tu es en quelle classe exactement ?
Moi - Terminale 3 ...
Lui - Ah ! Tu es en ES ?
Moi - Ouais, c'est nul... Je regrette d'avoir pris ça.

__Il rit. Ca fait plus sincère, cette fois.

Lui - Bah, ce genre de truc, ça emmène vers de bons métiers, tes parents seront fiers de toi !
Moi - J'en ai pas.

__Il ralentit le pas et tourne son visage vers moi, la cigarette au coin de sa bouche, entre ses deux lèvres. Je remarque alors qu'un piercing orne son labret décalé gauche avec deux petites boules argentées. Je trouve que ça lui va plutôt bien.

Lui - Pardon ?
Moi - Je n'ai pas de parents !

__Je sens mon visage se ternir, je baisse le regard sur le sol. C'est vrai, maman était fière de moi... Mais elle n'est plus là. Alors à quoi ça m'avancerait de continuer ?
__Bien que le garçon ait un visage intrigué, il ne m'en demande pas plus.

Lui - Excuse.
Moi - Non, c'est bon... Je crois que c'est mieux que je te laisse. Je dois prendre le chemin de gauche... Je crois. Ou alors, c'est peut-être celui de droite ...
Lui - Oui, si c'est pas l'un, c'est l'autre ! Tu ne sais plus où t'habites ? T'es bizarre ...

__Je soupire doucement. Il m'énerve ! Non, je ne suis pas bizarre, non, non et non ! Et qu'il me laisse, bordel ! Je m'arrête sur place, et le regarde continuer sa route sans me porter un peu d'attention. Au revoir, hein ! Je n'y crois pas. Des gars comme ça, ça existe alors ? Enfin, c'est ce que je voulais...

__Après avoir retrouvé la maison, j'y rentre. Un lourd silence pèse dans la maison. Simone n'est pas rentrée, je crois... Mais un seul et unique bruit résonne dans la cusine. Je m'y dirige, et passe la tête timidement sur le coté de l'encadrure de la porte. L'homme qui était là ce matin-même est en train de ranger le lave-vaisselle ...

Moi - Bonjour ; enfin, re-bonjour !

__Je tente de lui faire un large sourire, mais lui ne me répond que par un simple grognement. Cette homme est vraiment intriguant ! Je me retourne et file monter dans ma chambre. Ma chambre, qui m'apparaît tout aussi vide que ce matin. Je m'asseois sur mon lit, et regarde, complètement vidé, les murs. Puis mon regard se tourne vers la petite photo posée sur ma table de chevet. Ma mère me regarde, en souriant. Elle sourit. Elle a toujours souri. La porte s'ouvre brusquement, je sursaute et sors de ma rêverie. Simone apparaît, le manteau encore sur le dos, et quelques sacs dans les mains. Sa respiration est très rapide, ses joues sont toutes roses... Elle a courru ?

Simone - Bill ! Tu es rentré ! Ta journée s'est bien passée ?
Moi - Oui, ça peut aller...
Simone, fronçant les sourcils - Tu t'es fait des amis ?
Moi - Euh...

__Je reste perplexe et pense à la seule personne à qui j'ai adressé la parole ajourd'hui. Mais non...Non, ce n'est sûrement pas un ami ! Simone me sourit chaleureusement et me laisse seul, comprenant mon silence. Je m'agenouille au sol, devant mon sac et en sors des affaires. Mes fringues sont toutes froissées. Pffff ... J'en ai marre de cet endroit. Je ne l'aime pas. Je veux partir. Je range quand même mes vêtements dans l'armoire et tente de décorer un peu mon bureau, les murs, avec ce que j'ai pris. Hum... Ce n'est pas encore ça. Je pense furtivement à l'homme, qui est en bas. Qui est-il ? Je ne comprends vraiment pas pourquoi Simone ne me le présente pas. De toute façon, ici, je ne me sentirai jamais à ma place...

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chapitre 5 > Fin.

# Posté le vendredi 02 mai 2008 04:42

Modifié le samedi 24 mai 2008 10:32

Chapitre 6.

Chapitre 6.
La route est bien longue, lorsque l'on est seul.



__Je n'ai jamais menti. Jamais. Que ce soit pour une bonne cause, ou non. De toute manière, je ne vois pas en quoi un mensonge peut servir. Parce qu'il ne fera qu'entraîner une suite de problèmes. Vous savez, on dit qu'un mensonge en amène à un autre. Et je suis sûr que c'est quelque chose de vrai. Mais tout ça ne me concerne pas. Le jour où je mentirai n'est pas arrivé. Et il peut encore attendre longtemps. Très, très longtemps. Je hais, ceux qui mentent ... Et je ne veux pas devenir ce genre de personne.

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Le prof - Sortez vos livres de maths, s'il vous plaît.

__Merde. Je ne l'ai pas pris, et je n'ai pas de voisin. Oui, je suis un peu comme le pestiféré de la classe; le vilain petit canard, qu'il faut éviter. Je lève la main, timidement. Le prof accepte que je parle d'un signe de tête. Tous les élèves se tournent vers moi, ils me fixent. Je leur jette quelques coups d'oeil et pose finalement mon regard sur le tableau.

Moi, parlant doucement - J'ai...Oublié mon livre.

__Le prof ferme les yeux en soupirant :

Le prof - Hum...Vous commencez bien votre premier cours avec moi, Mr Kaulitz . Sortez de la classe, et allez en chercher un. Débrouillez-vous ! Mais soyez là dans 5 minutes.
Moi - Oui ...

__Je me lève, fais grincer ma chaise et sors de la classe à toute vitesse. Enfin dans les couloirs, je me précipite dans la cour, où des groupes d'élèves sont répartis. Ils ne vont pas en classe ? Je parcours l'endroit du regard à la recherche d'un visage assez sympa pour me prêter son livre de maths. De terminale, ça serait quand même plus pratique. Mes yeux s'arrêtent sur le gars aux dreads, à qui j'ai un peu parlé hier. Je m'approche de lui, et en me voyant arriver, il s'arrête de parler avec ses amis. Qui ne sont autres que Jason et sa bande, encore une fois... Il finit par se tourner de mon coté, lorsque j'arrive à son niveau.

Lui - Tu n'es pas en cours ?
Moi - Si...J'ai besoin d'un livre de maths...Tu pourrais...
Lui - Pourquoi je te prêterai le mien ?

__J'entrouvre la bouche pour répliquer mais aucun mot n'en sort. Putain, c'est quoi ce gars !

Moi - Pffff, laisse tomber !

__Je me retourne et repars à toute vitesse. Un bras s'agrippe au mien, j'entends un rire grave derrière moi. Je m'arrête et me retourne. Il arrête de me coller, lui, ou pas ?! Soit c'était oui, soit c'était non !

Lui - C'est bon, je rigole !

__ J'arrache mon bras de son emprise, lui jette un regard noir et m'en vais sans lui répondre. Je ne suis pas un jouet. Et d'abord, ce n'était absolument pas drôle !

__Evidemment, le professeur de maths ne s'est pas gêné pour m'engueuler. J'ai dû aller me mettre à coté de quelqu'un qui me regardait de travers, je pense qu'il avait limite envie de me cracher dessus; mais bon. Et puis maintenant, je rentre. Je rentre, dans un lieu qui est censé être ma maison. Mais je n'en veux pas. Enfin, je n'ai pas le choix après tout, et je me retrouve quand même à marcher seul dans la rue. Soudain, une voiture passe à coté de moi et ralentit à mon niveau. J'entends la vitre s'ouvrir, je tourne la tête et lève les yeux au ciel lorsque je découvre qui est la personne qui ralentit comme ça. Je continue d'avancer, et la voiture roule lentement, très lentement, pour rester sur la même ligne que moi.

Moi - Dis, il y a un cerveau sous cette casquette ? Tu n'as pas compris que je ne veux pas te voir ?
Lui - T'es fâché ?

__Mon regard balaye le sol à la recherche de quelque chose à dire. " Fâché " ? Comme si je pouvais l'être. Je m'en fiche moi, de lui.

Moi - Non.
Lui, explosant de rire - Menteur ! J'le vois bien à ta tête, allez !

__Je passe furtivement mes mains dans mes cheveux, et vient les mettre au fond de mes poches.

Lui - Tu ne m'aimes pas beaucoup, hein ? Pourtant, il n'y a personne qui t'adresse la parole au lycée. Je suis le seul. Alors je ne vois pas pourquoi tu m'en veux comme ça...
Moi - Hey, t'as cru qu'on allait devenir potes ou quoi ? Tu ne connais même pas mon prénom !
Lui - C'est vrai, ça. Bah, dis le moi, dans ce cas.

__Je soupire et clos mes yeux, pour les ré-ouvrir presque immédiatement, comme lorsque l'on donne un baiser rapide.

Moi - Bill.
Tom - Voilà. Moi, c'est Tom.
Moi - Je ne t'ai rien demandé !
Tom - Nan, mais je te le dis quand même.

__Je le regarde du coin de l'oeil, il a la main posé sur son volant, et son autre bras est posé à la cool, sur la portière, à l'ouverture de la fenêtre. Il sourit gentiment. Il m'énerve, avec son air de fier, assuré, et tout ! Pourquoi je ne peux pas avoir autant confiance en moi, comme lui ? Allez , réveille-toi Bill, Tom ce n'est pas toi, toi ce n'est pas Tom. Et puis, Tom, c'est qui, exactement, au fond ?

Tom - Tu veux que je te ramène chez toi ? C'est pas marrant de marcher, tout seul.
Moi - Il vaut mieux être seul que mal accompagner... comme on dit.
Tom - Déconnes pas ! Monte.

__Je finis par céder, il le comprend par mon sourire et arrête sa voiture. J'en fais le tour, m'installe sur le siège de passager et claque la portière. La voiture redémarre à toute allure, on entend seulement le bourdonnement incessant du moteur, et le rap de Bushido qui passe à la radio. Dites-moi, qu'est-ce que je fais là ?

Tom - Bon, parle !
Moi - Je n'ai rien à dire ...
Tom - Ah, evidemment... Bill, le mec froid qui n'est absolument pas sociable !

__Je pose mes yeux sur son visage. Son regard est concentré sur la route, ses lèvres sont légèrement entrouvertes et ses traits sont dûrs. Il n'a pas l'air de rigoler, ça me vexe. Putain.

Moi - Je ne voulais pas monter, à la base... C'est toi qui m'a obligé.

__Il fait rouler sa tête jusqu'à la positionner de travers face à moi, et ses yeux enfoncés dans les miens lui donnent soudainement un air très... Mignon ? Peuh, mais bien sûr Bill. " Déconnes pas " , mon gars. Un grand sourire s'affiche sur son visage. Je sens mes joues chauffer. Ca craint, je l'ai trouvé beau, l'espace d'une seconde.

Tom - C'est vrai, excuse-moi Bill... Je t'ai traîné par les cheveux jusque dans la voiture !

__J'explose de rire sans en être conscient. Tom relève sa tête, étonné de ma réaction, ses sourcils se froncent dans le sens de l'incompréhension. Le sourire dessiné sur mon visage me quitte, et délicatement, je pose le bout des doigts sur mes lèvres, comme si j'avais dit une bêtise. J'ai ri... J'ai ri, grâce à lui. C'est la première fois, depuis que maman est partie.

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chapitre 6 > Fin.

# Posté le samedi 17 mai 2008 15:04

Modifié le vendredi 30 mai 2008 15:50

Chapitre 7.

Chapitre 7.
Bordel intersidéral.



__Rester fort. Rester fort. Rester fort ... Deux mots simples qui veulent dire beaucoup. C'est bien, de rester fort. Pouvoir faire face à n'importe quoi. Tout affronter sans faiblir. C'est bien, vraiment ? Mais, il y a bien un moment où tout explose, non ? Où toute la haine et la tristesse que l'on a pu ressentir au fond de nous éclatent ? On ne m'a jamais dit. Je ne sais pas. Je ne sais rien. Ou presque. Juste, que moi, je reste fort. Toujours, même dans les pires situations. Je n'ai pas de faiblesses sûrement, aux yeux des autres ...

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__J'explose de rire sans en être conscient. Tom relève sa tête, étonné de ma réaction, ses sourcils se froncent dans le sens de l'incompréhension. Le sourire dessiné sur mon visage me quitte, et délicatement, je pose le bout des doigts sur mes lèvres, comme si j'avais dit une bêtise. J'ai ri... J'ai ri, grâce à lui. C'est la première fois, depuis que maman est partie.

Tom - Wahou. Tu sais rire ?!

__Je soupire. Il casse tout, là. Et puis, je n'ai pas envi de répondre à sa provocation. Je me ré-enfonce un peu plus dans le siège et mon regard se perd tristement dans le vide du paysage qui défile devant mes yeux. Voir sans regarder, c'est un peu ça. J'écoute la respiration calme de Tom. Un silence gênant plane entre nous. Je n'aime vraiment pas ce genre de situations, je ne sais jamais relancer la discution. Mon regard se pose sur un paquet de cigarette entrouvert posé devant le frein à main. J'y glisse mes doigts fins, en extirpe une cigarette que je mets entre mes deux lèvres humides, et l'allume avec le briquet qui se tenait à coté du paquet. J'happe l'air de ma main avant de trouver comment ouvrir la fenêtre. J'aspire une grande bouffée et la recrache après.

Tom - Ah, tu fumes ?

__Non, pas du tout. C'est juste ce que je suis en train de faire, abruti.

Tom - Ca te sert à quoi ?

__Arrête. Arrête avec tes questions à la con. Je ne sais pas pourquoi je fume, je ne sais pas ce que je fiche ici, je ne sais rien, bordel. Et puis, je n'ai jamais réellement fumé. Juste quelques fois, avec Dereck, quand on séchait les cours de maths...

Moi - Et toi ? Tu fumes bien, à ce que j'ai vu !
Tom - Oui, ça me détend. Ca permet de zapper ses problèmes. Toi aussi, non ?
Moi - Je n'ai pas de problèmes. Tout va bien, tout va toujours bien !

__Mon ventre se retourne, mon coeur fait des tas de tours dans tous les sens possibles et inimaginables. Je fais un sourire faux et maladroit, en direction de nulle part. Vers mon coeur sombre, peut-être. Je me souris à moi-même. C'est quoi mon problème ? Je vais bien; je sais que je vais bien. J'le sais, parce que c'est comme ça. Je vais bien, c'est tout.

Tom - Arrête un peu. La tristesse, elle se lit sur ton visage.
Moi - N'importe quoi ! JE VAIS BIEN ! Arrête-toi !
Tom - Quoi ?!
Moi - ARRETE-TOI J'AI DIT !

__A mes mots, il freine et se gare sur le coté de la route. Je descends de la voiture, et claque violemment la porte. Tom me regarde au travers de la vitre, eberluhé et sans comprendre. Je me mets à marcher dans n'importe quel sens, peu importe où je vais. Le vent balaye mes cheveux, et je viens de me faire mal. A mon coeur. Quelques larmes se mettent à sortir nerveusement de mes yeux. Je vais bien, j'ai dit ! JE VAIS BIEN. Pourquoi il me contredit, lui, ce petit con à dreads ! C'est vrai, tout va bien ... C'est ma réalité, c'est tout.
__Une voiture s'arrête une nouvelle fois devant moi. Je la reconnais, tout comme la personne qui est dedans. Tom en sort et vient se poster devant moi.

Tom - Ca va pas la tête ? Et puis, pourquoi tu pleures ?!
Moi - Dégage !

__Je le pousse brutalement en arrière, de toutes mes forces. Mes yeux me piquent et je pleure sans me retenir. Il me dégoûte, pourquoi il me met dans cet état ?! Et d'abord, c'est quoi cette scène que je fais ? Je ne le connais même pas ! Il reste à distance de moi; les traits de son visage sont dûrs. Je m'asseois par terre, spontanément, remonttant mes genoux près de mon visage, sur lesquels je pose mes bras où j'enfouis ma tête, en me calmant. J'entends des bruits de graviers crissant sous une semelle de chaussures, et je sens la présence de Tom assis à coté de moi.

Moi, doucement - Mais va-t-en ...
Tom - Pourquoi je m'en irai ? T'as vu dans quel état tu es ? J'suis pas lâche moi, j'abandonne pas les gens, même dans les pires moments. Tant pis si tu ne veux pas de moi !

__Ses paroles me font penser à celles de ma mère. Il y avait des soirées où elle passait des heures à m'expliquer l'amitié, à sa façon. Pour résumer, c'était la fidélité, la confiance, et le bonheur. Je n'arrive même pas à me souvenir de son rire, de sa voix... Tout devient terriblement flou. Non, ne m'abandonnes pas, je n'ai pas mérité ça.

Moi, ma manche étouffant mes mots - J'ai même pas pu lui dire au revoir...
Tom - Quoi ?

__Un nouveau sanglot me secoue. Ca en devient vraiment plus nerveux qu'autre chose. Quand je pleure, j'ai toujours du mal à m'arrêter ... Je ne réponds pas à la demande de Tom. Je sens sa main se poser délicatement sur mon bras. Il essaie de relever quelques-unes de mes mèches avec ses doigts, pour apercevoir mon visage, mais il n'a pas l'air de s'en sortir. Et puis, j'enfouis un peu plus mon visage dans mes bras, pour me cacher. Ah, ça ne va absolument pas, comme façon d'être avec lui ...

Tom - Bill, si tu te planques, je ne peux pas comprendre ce que tu dis !

__J'inspire un coup, et me remets sur mes jambes. L'air glace mes joues qui sont trempées de larmes, et je devine bien que mes yeux doivent être rouges. Je me retourne vers Tom et lui envoie un regard froid; du moins j'essaye. Mais je ne sais vraiment pas si j'ai réussi, parce que je les sens encore remplis de tristesse. Lui, il cligne naïvement des yeux. Il doit me prendre pour un garçon aussi lunatique que dingue. Dingue ? Peut-être que je le suis ... Je n'en peux plus de tout ça. J'ai simplement l'impression de rêver. Ou j'avais l'impression, je ne sais plus... Parce que cet abruti de dreadeux m'a foutu une grosse claque aujourd'hui. Il m'a craché la vérité à la figure, sans vraiment en avoir la volonté. Quel nul ... Quel nul, qui est drôlement attentioné ! Mais quand même, tout à l'heure, j'ai fait une erreur en pleurant devant lui. Je ne peux pas lui accorder ma confiance, il ne doit pas l'avoir. Pas si vite. Mais quite à déborder quelques fois, comme je viens de faire, autant que ce soit avec la seule personne qui est un minimum sympa avec moi, ici ... C'est-à-dire, lui. Il y a un truc qui cloche : je n'arrête pas de me contredire ! Je ne sais pas ce que je veux. J'ai la vague impression qu'en ce moment, je ne sais vraiment rien... " je ne sais pas " , " je ne sais plus " ; combien de fois je l'ai pensé, ou dit, ces derniers jours ? Après tout, je m'en fiche de ça... Tout est vraiment trop confus pour moi, là. C'est le bordel intersidéral dans ma tête; sauvez-moi.

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chapitre 7 > Fin.

# Posté le samedi 24 mai 2008 12:14

Modifié le samedi 07 juin 2008 14:14

es war einmal ... diese Geschichte.

es war einmal ... diese Geschichte.
Je voulais juste vous remercier pour vos commentaires&visites, qui me font réellement très plaisir u.u
thaaaaaaanks u, very very very much !
&love; alien.

# Posté le mercredi 04 juin 2008 10:00

Modifié le samedi 07 juin 2008 14:14